L’habitat collectif connecté, enjeu majeur du bâtiment de demain

 

 

 

La domotique n’est plus réservée à la maison individuelle. Désormais, c’est l’idée d’habitat collectif connecté qui se construit.

Contrôle des consommations énergétiques, intégration de systèmes de sécurité et de confort, possibilités d’interagir avec quartier, immeubles voisins, services publics… 

 

Où en est la domotique du « bâtiment intelligent » ?

 

 

 

 

La priorité actuelle, la maîtrise énergétique

 

Au-delà de tout gadget de confort, il s’agit de mettre la domotique collective au centre des impératifs écologiques et économiques d’aujourd’hui. L’objectif majeur : mieux contrôler, mieux adapter, mieux consommer l’énergie. Modèle du genre, la tablette interactive de suivi énergétique, développée par Esmart et installée dans les logements de l’écoquartier d’Eikenott en Suisse Romande. L’application développée permet de visualiser et piloter sa consommation d’électricité, d’eau chaude et de chauffage. De façon simple et conviviale…et efficace !

 

 

En bonne voie, les services collectifs                                            

                               

Mais, de plus en plus, la domotique collective va au-delà des besoins prioritaires en termes d’habitat énergétiquement responsable. De nouveaux services sont d’ores et déjà imaginés pour un « mieux-vivre ensemble » (même si ceux-ci nécessitent encore certaines améliorations).

 

Acteur français majeur de l’innovation dans les secteurs de l’aménagement et du cadre de vie, « Bouygues Energies & Services » soutient ainsi les expérimentations de différents projets. Parmi eux, Eco2Charge, programme visant à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge de véhicules électriques. Autre initiative française exemplaire en la matière, celle de la start-up « Intent Technologies », qui développe, notamment en partenariat avec Orange, la plateforme logicielle NintentOs, premier système d’exploitation à destination du bâtiment connecté. Son avancée : rassembler sur une même plateforme tous les équipements fournisseurs et usagers des services connectés (ascensoriste, eau, électricité, service à la personne…). Concrètement, le gardien d’immeuble peut alerter habitants et prestataires à la moindre panne, une personne âgée recourir à un dispositif d’e-santé, une entreprise de chauffage connaître la température des logements et adapter l’équipement collectif en conséquence, un habitant suivre ses charges de copropriété…

 

Autre exemple, cette fois de nouveau suisse : l’interface Erlenapp, destinée non seulement à disposer d’informations pratiques mais aussi à à favoriser l’échange et la rencontre. Développée dans l’écoquartier d’Erlenmatt West à Bâle, Erlenapp ouvre ainsi aux habitants 6 rubriques à partager : « mon quartier », « mon logement », « ma consommation d’énergie », « services center », « news », « annonces ».

 

 

 

 

Le défi commun à relever, l’interopérabilité entre acteurs, bâtiments… et protocoles

 

Pour aller encore plus loin et ensemble dans l’ère de la domotique collective, la question est maintenant, au-delà des initiatives innovatrices, d’initier un véritable projet de filière. C’est autour de cette idée de mise en commun des savoir-faire et des volontés des professions concernées que l’association Smart Buildings Alliance (SBA) s’est fondée il y a 2 ans.

Sa vision : le numérique s’apprête à bouleverser un grand nombre d’écosystèmes et de modèles économiques. Il est donc nécessaire d’unir et de faire bouger l’ensemble des acteurs de l’industrie du bâtiment, y compris traditionnelle. Et de créer en France une filière d’excellence.

 

Son objectif : trouver, au niveau de l’écosystème du bâtiment, les réponses adéquates (et compatibles entre toutes !) aux bonnes questions. Par rapport à un existant, des habitudes de construction, comment aller vers un bâtiment à même de produire et de faire émerger des services ? Comment faire de l’interopérabilité ? Quelles sont les caractéristiques nécessaires pour relier le bâtiment à une plateforme de services ? Que faire des données, à qui appartiennent-elles ? Quelle liberté donner à l’usager ? Quelles sont les actions à mettre en œuvre pour arriver à faire émerger ces services ? De quoi faire profondément et durablement avancer la domotisation du « vivre ensemble ».

 

 

Décidément, l’habitat collectif et ses solutions de domotique spécifiques sont bien partis pour changer notre façon de co-loger. Et, pour reprendre les mots d’Hervé Defarge, responsable du cockpit Supervision chez « Bouygues Energies & Services », on a vraiment envie de croire pour demain à « un bâtiment durable, connecté et intelligent ». Technologiquement ET humainement.